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Numérique responsable : comment réduire votre empreinte carbone digitale

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Le secteur numérique pèse désormais autant que le transport aérien en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Face à ce constat, le numérique responsable n’est plus une option mais une nécessité. Bonnes pratiques individuelles et stratégies d’entreprise, voici comment agir.

L’impact réel du numérique

Les chiffres qui interpellent

Le numérique mondial génère environ 4 % des émissions de CO2, un chiffre en croissance de 6 % par an. La fabrication des équipements représente 75 % de cet impact, devant l’utilisation des data centers (15 %) et l’usage des réseaux (10 %).

Les postes les plus impactants

  • Les smartphones : leur fabrication concentre 80 % de leur empreinte carbone sur l’ensemble de leur cycle de vie
  • Le streaming vidéo : un des usages les plus énergivores, surtout en haute définition
  • Le cloud computing : la dématérialisation n’est pas immatérielle, elle repose sur des infrastructures physiques massives
  • Les emails : 300 milliards d’emails envoyés chaque jour dans le monde, dont une majorité de spams

Les gestes individuels efficaces

Allonger la durée de vie des équipements

C’est le geste le plus impactant. Garder son smartphone 4 ans au lieu de 2 divise son empreinte carbone de moitié. Optez pour la réparation plutôt que le remplacement et explorez le marché du reconditionné pour vos achats.

Optimiser ses usages au quotidien

  • Réduire la qualité du streaming quand la haute définition n’est pas nécessaire
  • Désactiver la lecture automatique des vidéos sur les réseaux sociaux
  • Trier et supprimer régulièrement ses emails et fichiers stockés dans le cloud
  • Éteindre ses appareils au lieu de les laisser en veille
  • Utiliser le Wi-Fi plutôt que la 4G/5G, moins énergivore pour le réseau

Choisir des services éco-responsables

Certains fournisseurs de services numériques s’engagent dans une démarche environnementale : hébergeurs alimentés en énergie renouvelable, moteurs de recherche qui plantent des arbres, applications conçues selon les principes de l’écoconception.

L’écoconception numérique en entreprise

Les principes fondamentaux

L’écoconception vise à réduire l’impact environnemental des services numériques dès leur conception. Elle repose sur plusieurs axes :

  • Sobriété fonctionnelle — Ne développer que les fonctionnalités réellement utiles
  • Performance technique — Optimiser le code pour réduire la consommation de ressources
  • Accessibilité — Un site accessible est souvent un site plus léger
  • Durabilité — Concevoir des solutions compatibles avec les appareils anciens

Le référentiel RGESN

Le Référentiel Général d’Écoconception de Services Numériques, publié par l’ARCEP et l’ARCOM, propose 79 critères pour évaluer et améliorer l’impact environnemental d’un service numérique. Il constitue une feuille de route concrète pour les équipes de développement.

Les entreprises montrent l’exemple

De plus en plus d’organisations intègrent le numérique responsable dans leur stratégie RSE. Cela passe par des politiques d’achat de matériel reconditionné, la rationalisation des infrastructures serveur, la formation des équipes et la mise en place d’indicateurs de suivi.

Les bénéfices ne sont pas uniquement environnementaux : un site écoconçu est généralement plus rapide, plus accessible et mieux référencé. Un cercle vertueux.

L’avenir du numérique responsable

Les régulations se renforcent avec la loi REEN en France et les directives européennes sur l’empreinte environnementale du numérique. Les entreprises qui anticipent ces évolutions prendront un avantage concurrentiel, tandis que les citoyens sont de plus en plus sensibles à la responsabilité numérique des marques qu’ils consomment.

Le numérique peut être un formidable outil au service de la transition écologique, à condition de maîtriser son propre impact.

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